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 Charles Baudelaire

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Gourourach'
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MessageSujet: Charles Baudelaire   Jeu 8 Fév - 13:31

Pour commencer cette rubrique Poésie, je m'attarde un peu sur l'incontournable Charles Baudelaire. Synthèse et explication des symboles de ce grand écrivain du XIX ! Je complèterais au fil des jours ce dossier sur Baudelaire !!! Vous trouverez des analyses et explications simples, courtes, et non-détaillées de ses poèmes connus. Cette petite synthèse permet de l'aborder profondément sans rentrer dans trop de détails. N'hésitez pas à poster des réponses pour échanger vos connaissances et votre point de vue !!

Petite intro et mini bio :
"L'oeuvre de Baudelaire n'est pas une oeuvre poétique parmis d'autres. C'est une révolution." Cette courte citation résume bien l'oeuvre de Baudelaire dans son ensemble.
Baudelaire nait à Paris en 1821. Il perd son père très tôt. Sa mère se remarie avec un militaire, et cela va le contarier beaucoup. C'est un excellent élève, mais il quitte l'école pour vivre de la poésie.
En 1855, il publie son oeuvre majeure : "Les fleurs du mal". Jusqu'en 1861, il va travailler sur ce receuil et le reprendre plusieurs fois.
A partir de 1861, il va commencer à avoir des soucis : maladies, dettes, ...
Il meurt ruiné en 1867.

Quelques liens :
Charles Baudelaire sur Wikipédia
Site consacré à l'auteur
Autre site tout aussi complet !


Les Fleurs du Mal
C'est LE recueil poétique de Baudelaire, sur lequel il a travaillée toute sa vie.
Dans les felurs du mal, Baudelaire va créer un courant, le courant du symbolisme, qui redéfinit la poésie et le poète. Les premiers poèmes des fleurs du mal sont des clés qui permettent de comprendre la poésie de Baudelaire.

Par la suite, je vais me pencher sur certains poèmes du receuil.


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Gourourach'
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MessageSujet: L'Albatros   Jeu 8 Fév - 14:02

II.L'albatros ("II" étant le n° du poème dans le recueil)

Le texte :
Citation :
Souvent pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.


Analyse :
L'albatros est l'u des premiers poèmes des Fleurs du Mal.
Il est situé dans la section "Spleen et Idéal". Le mot "spleen" a été apporté par Baudelaire. Il signifie "mélancolie", "mal de vivre", "dépression". Le "spleen" est l'état du poète, selon Baudelaire.

Le but du poème est de nous expliquer ce qu'est le poète. C'est une allégorie de la poésie.
On retrouve plusieurs symboles, dont voici un tableau :


Une fois qu'on a compris les symboles, il faut relire le poème.

On comprend de ce poème que le poète est gracieux, beau et à l'aise quand il est dans les airs, amsi qu'il est maladroit et sujet de moquerie quand il est avec les hommes (sur le bateau).

Interprétaion du "second" niveau :
Baudelaire chioist un oiseau pour faire passer l'idée que le poète est au-dessus du monde.
De plus, l'Albatros est un oiseau blanc (Alba=blanc en grec). Le blanc est la couleur de la perfection, la couleur des anges, la couleur qui contient toutes les autres couleurs, etc.
Baudelaire emploie également beaucoup de superlatifs (notammet sur la taille de l'oiseau) : le poète est aussi "au-dessus" de par sa grandeur.

On en déduit que le poète est supérieur. Il est "idéal". La maladresse de l'Albatros lorsqu'il ne vole plus est comparable à l'angoisse du poète dans le monde des hommes : le "spleen".(d'où le titre du chapitre "Spleen et idéal" : le spleen est l'état du poète ; l'idéal est ce qu'il atteint grâce à la poésie).

Le rôle du poète est de faire l'intermédiaire, le messager depuis l'idéal, les airs, vers les hommes et la Terre. Ces poésies nous font passer ces messages, qui nous expliquent l'idéal.

Conclusion :
Ce poème fonctionne bien comme une clé dans les "Fleurs du Mal". Il nous explique à la fois comment il va falloir interpréter les poèmes de Baudelaire, mais également nous donne des indications sur le poète lui-même (le spleen et l'idéal).


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MessageSujet: Re: Charles Baudelaire   Lun 26 Fév - 21:52

IV. Correspondances

Le texte :
Citation :
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Analyse :
Ce poème est un sonnet ; Il y a 14 vers réparties en 4 + 4 + 3 + 3 (2 quatrins et 3 tercets).
Tout comme l'Albatros, ce poème est une clé dans la poésie de Baudelaire.
L'Albatros nous présentait la verticalité (l'idéal = le ciel, vers le haut ; et la Terre = le spleen ... (en gros quoi)).
Ici, on aborde l'horizontalité. L'horizontalité est la correspondance entre les sens. Dans l'horizontalité, on reste sur Terre (on ne s'envole pas vers un idéal, vers l'abstrait, l'imaginaire), et on "décrypte" les messages de la nature. Le poète sert encore d'intermédiaire (dans la verticalité, il sert d'intermédiaire des hommes et de l'idéal), mais cette fois d'intermédiaire par rapport à ses sens. Parce qu'il est poète, il comprend les couleurs, les parfums, les formes, ... il sert à retransmettre ces messages aux hommes.
La nature enferme toutes sortes de symboles que l'homme ne voit pas, mais que le poète comprend. Le rôle du poète est de les expliquer (les symboles) aux hommes.

Dans la deuxième strophe, Baudelaire nous explique les symboles : il nous explique qu'ils sont en harmonie.. Dans les 2 dernières, Baudelaire reprend cette idée d'harmonie, et nous les explique. On retrouve aussi la verticalité dans le dernier vers : "transporte l'esprit", "l'élève vers l'idéal".

On peut conclure qu'avec ce poème on comprend mieux l'art du poète : comprendre l'hamonie de la nature, afin de l'élever vers l'idéal.

Analyse de la sonorité :
"Comme de longs échos qui de loin se confondent".
Consonnances : le son "k"
Allitérations : le son "o". On a également un "écho" de part et d'autre du mot écho :
Comme ([k]) de ([d]) longs ([l]) échos qui ([k]) de ([d]) loin ([l])
On a une répétition de l'enchainement "k", "d", "l".
Cette répétition fait penser à un écho.

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MessageSujet: Re: Charles Baudelaire   Ven 2 Mar - 23:57

III. Elevation

Le texte :
Citation :
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

Analyse courte :
Dans "Elevation", l'âme du poète vole dans les airs (verticalité), comme l'albatros, au-dessus d'un monde triste (spleen), mais elle comprend le "langage de fleurs" (horizontalité et correspondances entre les sens).
On retrouve les 2 principes étudiés auparavant.

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MessageSujet: Re: Charles Baudelaire   Sam 3 Mar - 0:09

XII. La vie antérieure

Le texte :
Citation :
J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

Analyse :
On retrouve dans ce poème les thèmes que l'on a déjà vu et qui sont chers à Baudelaire :

    - La verticalité. On décrit le monde d'en haut et le monde du spleen.
    - L'horizontalité. On retrouve les sens et la synesthésie (correspondance entre les sens)

Baudelaire nous parle aussi de sa vie intérieure (jeu de mot avec le titre), nous dévoilant ce qu'il pense (ou pensait) dans son fort intérieur.
Il décrit également des paysages exotiques. Baudelaire est très attiré par l'exotisme, le voyage, la mer. On retrouve beaucoup ces champs lexicaux et des allusions à l'exotisme dans l'oeuvre de ce poète.
Nous sommes plongés dans un monde sombre comme l'intérieur d'une grotte, et houleux. Le poète, grâce à la correspondance entre les sens (champs lexicaux des couleurs, des odeurs, des formes, des matières, des sons, ...) peut nous aider à déchiffrer ce monde.
Mais ce monde est-il le nôtre ? Un monde antérieur ? Un monde intérieur ? Ou un monde exotique ?
En fait, il s'agit des 4 à la fois.

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MessageSujet: Re: Charles Baudelaire   Sam 3 Mar - 0:28

XXIII. La chevelure

Le texte :
Citation :
O toison, moutonnant jusque sur l'encolure!
O boucles! O parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans les profondeurs, forêt aromatique!
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève!
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:
Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse!
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

Analyse :
Ce poème est dédié à Jeanne Duval, qui fut la compagne de Baudelaire. Jeanne venait de pays exotiques.

La chevelure de Jeanne symbolise le monde. Baudelaire décrit par des métaphores l'exotisme de ce monde : on y retrouve l'Asie, l'Afrique, les océans, les ports, ...
On peut dire que quand Baudelaire touche, hume ou voit la chevelure il voyage en Orient. Ce poème est plutôt du côté idéal (bleu, azur, etc ...) ; Baudelaire utilise aussi la correspondance entre les sens et l'horizontalité pour magnifier le monde de la chevelure.

On retrouve aussi le thème de voyage intérieur. Lorsque Baudelaire touche les cheveux de Jeanne il se met à rêver.

Le thème de la mer, de la houle, revient aussi souvent chez Baudelaire, notamment dans ce poème. L'ondulation des cheveux rappelle les vagues. Explication de ce symbole :

    - La mer c'est l'inconnu
    - La mer c'est le voyage, l'exotisme
    - La mer est un mélange de sens
    - Le bleu qui rappelle l'azur (ou le noir aussi)
    - On associe souvent un caractère à la mer (déchaînée, calme, agitée, douce, ...)
    - Jeu de mot avec la mère. Baudelaire va se brouiller avec sa mère et on peut y voir un clin d'oeil.


On retrouve aussi l'ivresse. Le poète s'ennivre à humer les parfums qui émanent de la chevelure, comme un fumeur d'opium s'ennivre à respirer la fumée dégagée par la drogue. L'ivresse, la drogue, l'alcool, permettent à l'auteur de passer dans l'idéal ... (on peut ici faire une petite allusion à Jim Morrisson).

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MessageSujet: Re: Charles Baudelaire   Sam 3 Mar - 0:40

LXXVIII. Spleen

Le texte :
Citation :

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Analyse :
Dans ce poème, Baudelaire décrit le spleen. On comprend ainsi l'état d'esprit du poète lorsque gagne le sentiment d'angoisse. Le spleen est symbolisé par plusieurs traits :

    - un paysage triste et noir (ciel bas, pluie, nuit)
    - l'enfermement (cachot, barreaux, prison). C'est l'âme du poète qui est enfermée dans le spleen
    - l'angoisse et la peur (chauve-souris, araignée, ...)

Au niveau des sonorités, le rythme lent et régulier nous fait penser à un glas. On note aussi beaucoup d'assonances en "en" (son du glas : "den ... den ...")

Dans ce poème, c'est l'angoisse qui gagne. Le poète ne réussit pas à sortir du spleen pour gagner l'idéal.

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MessageSujet: Re: Charles Baudelaire   Sam 3 Mar - 1:03

XXVIII. Le serpent qui danse

Le texte :
Citation :
Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohème,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur!

Analyse :
Ce poème est consacré à Jeanne Duval, la compagne de Baudelaire.

Le rythme du poème nous inspire dès le début la joie :
- les vers sont courts
- le rythme rapide et léger
On s'imagine des enfants qui jouent. Le poème "chante", et les sons "glissent" sur la langue.

On retrouve les grands principes de Baudelaire dans ce poème :

    - L'horizontalité.Baudelaire nous parle de couleurs, d'odeurs, de formes, de matières : "étoffe", "parfums", "bleus et bruns", "vent", "odorante", "serpent", "éléphant", ... : Jeanne à elle seule détient la clé de ces sens et emmène l'auteur ailleurs, vers l'idéal.
    - Le paradis artificiel. On retrouve une allusion au "vin de Bohême", qui permet à l'artiste de passer dans "l'idéal".
    - L'exotisme. Les animaux (serpent, éléphant), matériaux (or, fer), vocabulaire (mer, voyage, lointain) nous témoigne de l'exotisme qu'inspire Jeanne à Baudelaire.

On peut comparer ce poème à "La chevelure" :

    - le vocabulaire (exotisme, mer, bleu, voyage)
    - l'objet du poème (Jeanne)
    - l'horizontalité
    - l'exotisme
    -etc...

sont des points communs aux deux poèmes.

Pourquoi le serpent ? Le serpent symbolise en premier lieu l'exotisme. Mais il symbolise surtout le mal, la peur, l'angoisse. Baudelaire arrive à conjuguer mal et idéal : à partir du mal (serpent), il décèle du bien (idéal, exotismes, couleurs, formes, odeurs ...)

Pour conclure, je dirais que c'est un poème beau, joyeux et léger, un poème d'amour. Contrairement à Spleen (LXXVIIIe), ce poème décrit l'idéal.

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MessageSujet: Re: Charles Baudelaire   Sam 3 Mar - 1:04

Le titre du recueil (Les Fleurs du Mal)

Maintenant que nous avons vu la plupart des principes de Baudelaire, je peux expliquer le titre du recueil "Les fleurs du mal".

Le titre est une oxymore : on oppose les fleurs qui sont la beauté, l'idéal, au mal qui est la noirceur et le spleen. Un des objectifs de Baudelaire est de faire de la beauté à partir de la tristesse.

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